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Paris, le 22 décembre 2017

Viñales s'attendait à plus de difficultés avec Rossi

Viñales s'attendait à plus de difficultés relationnelles avec Rossi

Si Maverick Viñales n'est guère satisfait de sa troisième place au classement MotoGP 2017 pour sa première saison chez Yamaha, il dresse en revanche un bilan positif de sa relation avec Valentino Rossi. De son propre aveu, l'espagnol s'attendait à rencontrer plus de difficultés avec son encombrant coéquipier...

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"Honnêtement, je pensais qu'avoir Rossi comme coéquipier serait plus compliqué", avoue Maverick Viñales à nos confrères d'Autosport.com, expliquant que lui et le nonuple champion du monde se sont "mutuellement respectés, y compris pendant les situations délicates auxquelles nous avons dû faire face, et ça c'est très important".

Les propos de "Mack" révèlent le soulagement du jeune espagnol de 22 ans, pour qui l'idée de cohabiter aux côtés de la plus grande star de l'ère moderne des Grands Prix moto constituait visiblement une source d'inquiétude. Il est vrai que la réputation du "Docteur" donne à gamberger, ne serait-ce qu'en raison de son écrasant poids médiatique et de sa notoriété exceptionnelle...

 

"Dans l'ensemble, nous avons bien géré les choses", estime le n°25 qui se réjouit aussi - et surtout ? - de ne pas avoir eu à hausser le ton pour faire entendre sa voix chez Yamaha. Malgré les difficultés, le blason d'Iwata est resté à l'écoute de ses pilotes sans chercher à en favoriser l'un plus que l'autre.

Cette attitude neutre est d'autant plus remarquable que Valentino Rossi a rapidement exprimé l'idée que les soucis de motricité de la M1 provenaient d'un mauvaise direction prise pendant l'intersaison, durant laquelle la remarquable vélocité de Viñales aurait masqué les défauts du châssis 2017 ! En clair : si la Yamaha patinait dans la semoule, c'était à cause du jeunot...

"Je n'ai rien à reprocher à Yamaha, ils ont fait le maximum. Et ça n'a pas changé depuis le début : quand la moto a fonctionné, nous étions tous les deux dans le coup. Lorsqu'un l'un de nous deux était bien sur une course, l'autre l'était également", analyse Viñales, troisième du championnat 2017 derrière Marquez et Dovizioso.

Rossi, un coéquipier facile ?

En définitive, les relations entre Rossi et Viñales se sont révélées raisonnablement cordiales, à mille lieues de la détestation que se vouaient Lorenzo et le n°46... L'occasion de noter qu'à l'exception de cette cohabitation houleuse avec le majorquin,  les rapports de Rossi avec ses anciens coéquipiers - Hayden, Checa ou encore Edwards -  n'ont jamais posé de problèmes.

 

La raison est évidente : le natif de Tavullia a toujours eu un net ascendant sur ses précédents voisins de box - tant sur la piste qu'en dehors -, ce qui lui permettait de faire la pluie et le beau temps dans son équipe. Rappelons que Rossi a écrasé la catégorie reine de 2001 à 2005 avec cinq titres consécutifs, auxquels s'ajoutent ceux obtenus en 2008 et 2009, son dernier en date !

L'arrivée de Jorge Lorenzo en 2008 l'a pour la première fois placé face à un équipier aussi rapide, voire davantage. Cette situation - inacceptable pour son ego - l'a conduit a quitter Yamaha pour Ducati en 2011, avec l'insuccès que l'on connaît. .. Revenu - la queue basse - dans le giron d'Iwata en 2013, Rossi a de nouveau fait équipe avec Lorenzo en acceptant d'être considéré comme le deuxième pilote.

Les deux hommes - jamais vraiment copains - ont alors appris à se supporter puis à collaborer ensemble, reconnaissant même publiquement leurs qualités mutuelles. Mais cette relative réconciliation a brutalement pris fin suite au "SepangClash" en 2015, quand Lorenzo s'est placé contre Rossi dans son conflit avec Marquez... Fin de la trêve !

Deux ans plus tard, la donne a considérablement changé : à 38 ans, Valentino Rossi est conscient que ses chances de décrocher un dixième titre s'amenuisent saison après saison, comme en témoignent ses résultats en baisse : l'italien termine l'année 2017 au  cinquième rang avec une seule victoire et six podiums, soit son plus mauvais bilan sur une Yamaha.

Certes, la M1 2017 manquait d'homogénéité pour briller chaque week-end aux avants-postes. De plus, une fracture à la jambe a mis le n°46 hors jeu lors du GP de San Marin (Italie) et l'a ensuite contraint à déployer des trésors de courage pour arracher une remarquable 5ème place à Aragon (Espagne).

Cependant, Maverick Viñales a de son côté décroché trois victoires et sept podiums au guidon de la Yamaha, grimpant sur la troisième marche du podium final avec 230 points inscrits contre 208 pour son illustre coéquipier. Sportivement, le bilan de l'espagnol est bien meilleur que celui de l'italien, ce que corroborent des chronos souvent plus rapides.

Par ailleurs, si l'entente entre les deux hommes n'a pas suscité de problèmes particuliers, c'est aussi car les deux champions ont su mettre leur rivalité de côté pour tenter de résoudre conjointement les problèmes de la M1. Rossi et Viñales ont intelligemment travaillé main dans la main, conscients de ne pas être suffisamment armés pour lutter pied à pied contre la Honda de Marquez et la Ducati de Dovizioso.

Mais qu'en sera-t-il en 2018 si la Yamaha permet de nouveau aux deux pilotes de lutter pour le titre mondial ? Leurs relations resteront-elles aussi saines après plusieurs affrontements dans la lignée du GP de France, quand l'expérimenté italien était parti au tapis par péché d'orgueil face à son jeune coéquipier ? Rien n'est moins sûr : dans les sports mécaniques en général et dans la compétition moto en particulier, le premier rival d'un pilote est son coéquipier !

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