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MOTOGP 1986-2007
Paris, le 21 janvier 2008

2008 sans Alex Barros : syndrome du temps qui passe

2008 sans Alex Barros : syndrome du temps qui passe

Sans réelle proposition, l'inusable Alex Barros a dû se résoudre à tirer sa révérence : après 17 saisons en catégorie reine, le brésilien met un terme à une carrière sportive bien remplie, sans avoir réussi toutefois à décrocher le titre suprême.

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Découvrant la moto à l'âge de 3 ans, c'est seulement cinq ans plus tard, à 8 ans, qu'Alex Barros dispute ses premières courses. Rapidement, sa hargne et son talent lui permettent d'évoluer en championnat national 125 puis en 250 cc, catégorie dans laquelle il remporte le titre national en 1985.

En 1986, ce brésilien natif de Sao Paulo s'installe en Espagne pour débuter en championnat du monde : à seulement 15 ans, il s'initie aux subtilités du pilotage d'une véritable machine de course en catégorie 80 cc.

2008 sans Alex Barros : syndrome du temps qui passe

En 1990, Cagiva lui propose le guidon de sa 500 2-temps : à moins de 20 ans, voilà Barros arrivé au sommet de la compétition motocycliste !

Cette précocité n'étonnerait plus personne aujourd'hui : les pilotes sont détectées de plus en plus jeunes, afin qu'ils puissent aborder le GP 125 le plus tôt possible. Mais à l'époque, ce n'était pas si courant !

Pilote généreux et freineur redoutable, le jeune Alex se familiarise petit à petit à la conduite délicate des motos de l'époque : piaffant de chevaux, avec des châssis et des pneus souvent débordés par l'arrivée brutale de la puissance, les 500 cc réclamaient doigté et gros coeurs pour aller vite !

En 1992, le brésilien décroche son premier podium à Assen, circuit de pilotage s'il en est, et sur lequel il a régulièrement brillé par la suite.

En 2007 sur sa Ducati GP7 D'Antin - 2008 sans Alex Barros : syndrome du temps qui passe

Passé chez Suzuki l'année suivante, Barros décroche une seconde place aux États-Unis et obtient sa première victoire en Espagne : des résultats prometteurs qui font découvrir le potentiel du jeune homme, même si les saisons suivantes s'avèrent plus délicates (un seul podium en 1994, aucun en 1995).

Embauché par Honda en 1995, Alex tisse avec le premier constructeur mondial une relation de confiance qui s'étend sans interruption jusqu'en 2002 ! Auteur de coups d'éclats plus que de véritable domination course après course, Barros devient surtout légendaire pour ses capacités à maîtriser sa machine en conditions délicates et sous la pluie.

Étrangement, le n°4, qu'il affectionne particulièrement correspondra avec ses meilleurs classements au général : en 1996, 2000, 2001, 2002 et 2004, le brésilien échoue juste devant le podium final...

2008 sans Alex Barros : syndrome du temps qui passe

Et malheureusement pour ce pilote de l'ancienne école - dont le symbole est un lièvre peint sur son casque -, l'arrivée des 990 cc 4-temps va avoir raison de ses ambitions : à presque 32 ans, Alex sait que la roue tourne et que cette nouvelle génération de pilotes plus jeunes et aux dents longues - emmenée par un certain Valentino Rossi - risque de lui faire du tort...

C'est pourquoi il décide de saisir toutes les opportunités : comme au GP d'Allemagne 2002, qu'il dispute au guidon de sa Honda NSR privée du Team Pons... Un Grand Prix qui restera dans les annales : notre OJ national après avoir signé la pole sur le tourniquet allemand (la dernière d'une 500 2-temps), se bagarre 28 tours durant en tête de course !

Mais Alex Barros, collé à ses basques depuis le départ, va malheureusement accrocher la roue arrière d'Olivier Jacque, entraînant les deux pilotes au tapis et laissant Valentino Rossi s'imposer facilement sur sa RC211V. Une moto que le brésilien chevauchera lors des quatre dernières courses de cette saison 2002, et avec laquelle il remportera deux victoires !

Au final, le brésilien réalise cette année-là sa meilleure saison : avec 204 points marqués, deux victoires, six podiums et une pole position, l'opiniâtre Barros est un réel challenger même si un manque de régularité et deux chutes le privent de la possibilité de se battre pour le titre suprême.

En 2003 sur sa Yamaha M1 Tech3 - 2008 sans Alex Barros : syndrome du temps qui passe

En 2003, Alex passe chez Yamaha et ne tarde pas à inscrire son nom en haut des tablettes (lire Moto-Net.Com du 22 février 2003). Mais le brésilien doit vite déchanter : la M1 4-temps n'est pas au niveau en course et se retrouve vite dépassée par l'armada de Honda, bien plus puissantes et abouties. Barros termine donc 9ème au général à la suite d'une saison s'assimilant à un véritable purgatoire avec un seul podium, obtenu en France (lire Moto-Net.Com du 25 mai 2003).

De retour chez Honda en 2004 (lire Moto-Net.Com du 15 janvier 2004), Barros se voit confier la lourde tâche de contrer le départ de Valentino Rossi chez Yamaha : malgré toute l'implication du HRC et la supériorité avérée de la RCV211, Alex échoue encore à la 4ème place finale, sans réussir à s'imposer une seule fois...

En 2005 sur sa Honda RC211V Pons - 2008 sans Alex Barros : syndrome du temps qui passe

Cet échec est d'autant plus cuisant que son coéquipier de l'époque - un certain Nicky Hayden ! - ne parvient pas non plus à remporter une seule course, laissant les équipes satellites du premier constructeur décrocher quelques succès face au duo Rossi-M1...

Pour autant, le résident de Monte-Carlo ne baisse pas les bras et dès 2005, il renoue avec le succès grâce à une Honda du team Pons au Portugal (lire Moto-Net.Com du 19 avril 2005). Il ne remontra ensuite qu'une seule fois sur le podium, lors du Grand Prix d'Angleterre (lire Moto-Net.Com du 25 juillet 2005)

Suite au retrait du sponsor principal de l'équipe, Alex se retrouve à pied durant l'hiver 2005, mais avec une soif de victoires et une motivation intacte. Face à son destin, le pilote de 35 ans s'interroge sur la suite à donner à sa carrière lorsqu'il est contacté par Honda Europe : "j'étais tout simplement décidé à arrêter ma carrière", se souvient-il, "lorsque que Honda Europe m'a appelé et m'a proposé de passer en Superbike avec le team Klaffi, que je ne connaissais pas jusque-là. Ils m'ont convaincu en me garantissant que le matériel me permettrait de me battre pour le titre".

Franchissant le pas, Alex se retrouve au guidon d'une machine "de série" au comportement bien éloigné des prototypes qu'il pilote depuis une quinzaine d'années ! Mais qu'à cela ne tienne : se battre avec ces machines est "moins exigeant en termes de pilotage ou de réglages qu'une MotoGP", explique Barros qui n'arrive pas à oublier la catégorie reine, au sein de laquelle il pense avoir encore sa place...

En 2006 sur sa Honda CBR1000RR Klaffi (WSBK) - 2008 sans Alex Barros : syndrome du temps qui passe

C'est pourquoi, lorsque Ducati d'Antin lui propose un guidon pour 2007, après une saison en WSBK ponctuée d'une victoire, six podiums et une sixième place finale, le brésilien n'hésite pas longtemps !

D'autant qu'avec la nouvelle réglementation sur la cylindrée, la moto mise à sa disposition est très proche du modèle usine : une alliée de choix au vu des extraordinaires résultats obtenus par Casey Stoner dès le début de saison !

Pourtant, comme Loris Capirossi, Alex ne brille pas particulièrement avec la GP7 et n'obtient qu'une 3ème place au Mugello, ainsi qu'une maigre dixième place finale... Ne trouvant pas vraiment le mode d'emploi de cette machine particulière, Alex est surtout mis face à une terrible réalité : à 37 ans, il est le plus vieux pilote du plateau suite au retrait de McWilliams.

Alex Barros et Loris Capirossi en 2007 sur la Ducati GP7 - 2008 sans Alex Barros : syndrome du temps qui passe

Entre Pitt, Checa, OJ, Tamada et Kenny Roberts Jr, la moyenne d'âge du plateau 2007 flirte avec les 28 ans mais il souffle un vent de jeunesse sur la catégorie, suite à l'obtention du titre par Casey Stoner, de 15 ans son cadet : "j'avais un accord de deux ans avec D'Antin, mais avec l'arrivée du partenaire Alice, on m'a fait comprendre que le team devait se composer de deux jeunes pilotes... J'ai compris qu'il n'y avait plus de place pour que je continue avec eux. C'est la vie, c'est la course, j'ai accepté cette situation", résume simplement Barros...

Et si l'on peut égoïstement se réjouir que le départ d'Alex profite à Sylvain Guintoli, le brésilien en retire comme un sentiment d'inachevé : "j'ai eu des propositions en Superbike, mais je n'aurais accepté que s'il y avait une réelle possibilité de lutter pour le titre. Mon rêve était et est encore de gagner le titre mondial. Courir pour l'argent ou faire de la figuration ne m'intéresse pas. Pour l'instant, je suis heureux de mon choix et je n'ai pas de regrets. Pendant des années, j'ai cherché à devenir champion du monde et je n'y suis pas arrivé. Voilà ce qui m'a manqué dans ma carrière", conclut l'inoubliable n°4.

À l'instar d'un Checa où d'un Biaggi, Alex Barros aura souffert de la comparaison avec Valentino Rossi, Marco Melandri ou Nicky Hayden, suivis désormais par Casey Stoner et Dani Pedrosa : les motos étant de plus en plus sophistiquées et assistées électroniquement, les pilotes les plus anciens (habitués à faire la différence sur leurs capacités à relever la machine le plus tôt possible pour passer la puissance au sol en sortie de courbes) se retrouvent souvent désarçonnés face à une nouvelle génération de prototypes qui privilégient des entrées de courbes digne d'une 250 et dont les sorties sont de plus en plus paramétrés par des traction control bluffant d'efficacité...

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les jeunes loups montant des catégories inférieures s'acclimatent de plus en plus rapidement au maniement des nouvelles 800 cc : que ce soit Jorge Lorenzo (20 ans), Andréa Dovizioso (21 ans) ou Alex De Angelis (23 ans), tous ont reconnus lors de leurs premiers essais cet hiver la relative "facilité" des 800 cc.

Victorieux au GP d'Estoril en 2005 - 2008 sans Alex Barros : syndrome du temps qui passe

Les difficultés rencontrées par les quatre derniers trentenaires de la catégorie le prouvent : de Colin Edwards (33 ans), Loris Capirossi (34 ans), Shinya Nakano (30 ans) et Valentino Rossi (29 ans en février), seuls les deux italiens ont réussi à s'imposer la saison dernière.

Conscient de ce phénomène, Alex Barros a décidé de se consacrer à la gestion des ses affaires familiales (immobilières principalement), avec en projet la possibilité d'aider de jeunes pilotes à accéder au plus haut niveau de la compétition pour y décrocher ce titre mondial tant convoité : "ça me plairait de voir un jeune pilote brésilien venir en MotoGP ! De mon côté, je ferai mon possible pour l'aider", ajoute le vétéran.

Et pourquoi pas commencer par un certain... Lucas Barros, qui du haut de ses 11 ans roule déjà sur les traces de son illustre père en championnat brésilien ? Affaire à suivre, sur Moto-Net.Com !

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Commentaires

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UN TRES TRES grand Monsieur, discret et talentueux, mais aussi un "guerrier" sur la piste. Il a la "chance" de terminer sa carrière sans s'être fait vraiment mal et c'est tant mieux. CIAO Monsieur BARROS

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